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les wc japonais..

ou toilettes japonaises

Les toilettes !

Un soin d’hygiène corporelle quotidien. Il est souvent vécu de façon très difficile par les étudiants infirmiers et les élèves aides-soignants car, au-delà de la technique, il requiert une attitude, des gestes et un toucher qu’il faut apprendre à maîtriser. C’est un temps d’échange et d’émotion autant pour le soignant que pour le soigné. Comment parler de tout ce qui est généralement gardé pour soi, par gêne, honte ou culpabilité ? Cet instant donné ou volé peut cependant être le point de départ d’un cheminement vers le “prendre soin”, au-delà de l’hygiène. S’approprier cette approche, c’est sans doute donner tout son sens au contact inévitable avec le corps de l’autre. Savoir privilégier la qualité de ce contact, c’est permettre à la personne âgée de garder l’estime d’elle-même et de se sentir bien dans sa peau

.Mots clés : Corps , Dégoût , Intimité , Perception , Personne âgée , Prendre soin , Pudeur , Sens , Toilette , Toucher Plan    | Masquer le plan    |
Être propre et protéger ses téguments : représentation mentale et constat pratiqueDécouvrir le corps de la personne âgée, une épreuve pour les étudiants et jeunes soignantsUne épreuve initiatiqueQuel accompagnement des jeunes soignants en apprentissage des toilettes japonaises (ou wc japonais) ?ConclusionRéférences    |
| Pour répondre au besoin fondamental d’être propre, donc de “faire la toilette” des patients les plus dépendants, les équipes soignantes affichent volontiers une opinion positive, d’ailleurs abondamment relayée sous forme de postulats en formation infirmière et aide-soignante : c’est “un soin essentiel”, qui stimule et “fait du bien” car il implique une relation privilégiée avec la personne soignée grâce à l’attention particulière portée à son corps par le biais du toucher considéré comme très important.Haut de page - Plan de l’article     |
| Être propre et protéger ses téguments : représentation mentale et constat pratique    |
La toilette est considérée comme un soin exemplaire, qui procure un sentiment de bien-être à la personne si le soignant sait respecter son intimité et sa pudeur. En cela, elle se distingue des autres soins, médicaux, agressifs et stressants pour la personne qui les subit. Cette représentation idéalisée encourage les étudiants à se lancer dans leurs “premières toilettes”, même s’ils appréhendent quelque peu le rapport à la nudité de l’autre, adulte. Cependant, de stage en stage, il n’est pas rare de constater chez bon nombre d’entre eux – particulièrement les étudiants infirmiers – un désintérêt pour les toilettes, dont ils prétendent avoir fait le tour, alors qu’il leur reste tant de choses à apprendre qu’ils sont impatients de connaître. De même, l’observation des rapports des professionnels aux soins d’hygiène renvoie tout autant à cette idée que “faire des toilettes” ne va pas de soi et suscite, en pratique, des réticences sur fond de lassitude et d’érosion des motivations, des résistances sous forme de sauve-qui-peut, et des dérives de l’ordre de la maltraitance, “soft” et banales le plus souvent… L’implication dans une relation de soins intime, durable et interminable avec des personnes âgées très dépendantes, en grande souffrance physique et psychique, est un facteur favorisant ces désinvestissements. Autrement dit, “faire des toilettes” – surtout lorsqu’il s’agit de personnes âgées – peut, malgré l’intérêt volontiers reconnu, être pénible, mal vécu et éprouvant pour les soignants, précisément parce que cette relation de soins particulière impose qu’ils voient, touchent et sentent le corps de la personne soignée dans sa totalité, un corps altéré par le vieillissement et la maladie.Haut de page - Plan de l’article     |
| Découvrir le corps de la personne âgée, une épreuve pour les étudiants et jeunes soignants    |
Les jeunes soignants sont souvent particulièrement affectés par leurs premières toilettes japonaises d’adultes. Tous les soignants le savent pour “y être passés” et avoir été “marqués” par cette première expérience, même lointaine. Troublés par une relation brusquement imposée à la nudité de personnes de leur âge ou qui pourraient être leurs parents, les débutants sont fortement bousculés et même “choqués”, pour certains d’entre eux, lorsqu’il s’agit de personnes âgées dépendantes. Une situation imposée dont il faut rappeler la fréquence dès les premiers stages en milieu de soins. Leurs tentatives pour imaginer le corps de la personne âgée avant de se lancer dans les toilettes restent vaines, loin des réalités inattendues et surprenantes. De plus, avec la généralisation des douches, des bains et des toilettes au lavabo, la confrontation à la nudité totale du corps de la personne âgée dépendante est brutale (alors qu’elle est quelque peu atténuée par l’ingénieuse procédure de la toilette au lit). Et là, c’est “une sacrée épreuve” d’images et de sensations pénibles, voire violentes, difficiles à gérer : « Voir la déchéance des personnes âgées a été un choc » ; « La première fois, c’était une douche ! J’ai eu une appréhension de voir le corps vieilli d’une personne ; c’est vrai, ce n’est pas beau, on a une vision de notre corps plus tard. C’est effrayant. On n’ose pas toucher les chairs flasques » ; « Au départ, on m’avait dit que voir une personne âgée nue allait me choquer. Moi, je ne pensais pas que ça allait être à ce point… on ne peut pas imaginer comme c’est effrayant » ; « Le corps des personnes âgées, ce n’est pas agréable » ; « C’est un corps qui paraît fragile, on ne voit plus les muscles. Il est fripé, flasque, ça fait bizarre… », relatent des étudiants au retour de leur premier stage. Récemment, une étudiante, en grand désarroi lors de son premier stage en gériatrie, s’en est prise à sa formatrice qui lui rendait visite : « Qu’est-ce que c’est que ce stage ? Ici, ça pue, c’est moche et ils sont tous dingues ! ».Ce dernier jugement – qui doit être analysé bien sûr dans une perspective de formation – montre toute la violence des perceptions qui sont vécues comme une attaque à l’idéal et, d’une certaine manière, à l’intégrité personnelle. Les étudiants sont désemparés face aux propos confus, aux cris, aux gémissements, à l’agitation de certaines personnes atteintes de troubles mentaux, pour qui l’intrusion dans leur espace intime à l’occasion de leur toilette est source d’angoisse, de panique et d’agressivité.De plus, à ce qu’ils ont vu, senti et touché d’éprouvant se rajoute ce qu’ils doivent entendre des personnes âgées qui réalisent, particulièrement lors de ce soin, la dégradation de leur corps, leurs limites et leur finitude. Ils se sentent agressés injustement et impuissants, comme l’indique cette dernière remarque : « Elle disait : “Mon ventre tombe, mes seins aussi, quel spectacle affreux… Vous aussi un jour vous serez comme moi. D’ailleurs peut-être que vous n’arriverez jamais à mon âge !” Que faire ? Parce que ce qu’elle dit est vrai. Mais on ne peut pas lui dire : “Vous avez raison”. Il faut arrondir les angles pour que ce soit moins brutal. On est un peu démuni, comment approcher ?… ».Haut de page - Plan de l’article     |
| Une épreuve initiatique    |
Ainsi, la vision, le toucher, l’odorat, mais aussi l’ouïe sont particulièrement sollicités lors des premières toilettes. Rien n’atténue, ne filtre, ne prévient le choc des perceptions qui en découlent, rien n’aide à canaliser les émotions pénibles générées par cette relation de soins qui impose, sans médiation technique, un corps à corps insolite.La confusion des espaces intimes du soignant et du soigné à l’occasion de la toilette est éprouvante parce que les perceptions s’imposent, amplifiées, déformées et finalement très impressionnantes. De plus, pour les stagiaires, la durée de cette relation – que la maladresse et les hésitations de l’inexpérience prolongent – ne fait qu’accentuer le sentiment d’emprise de ce soin, ce qui peut d’ailleurs en précipiter certains dans une forme de désintégration psychique temporaire mais très pénible, le malaise, l’évanouissement en étant les signes ultimes et la dernière protection qui amplifie leur désarroi. Les étudiants n’ont pas encore acquis l’aisance des soignants confirmés qui donne à leur prestation une impression de maîtrise de la situation. Ils ne se sont pas encore appropriés – même s’ils les pressentent – les moyens admis qui permettent de se protéger en mettant de la distance. Ils n’ont pas la maturité ni le savoir-faire pour accompagner, dans sa quête de reconnaissance, la personne âgée qui se révèle, à l’occasion de ce soin, sujet de son corps et de son histoire. Ils ne maîtrisent pas la situation, ils la subissent, souvent courageusement, et sont heureux de s’en être sortis, d’autant plus si la personne âgée leur signifie sa reconnaissance et sa gratitude.Pour gérer leur malaise et faire taire leurs angoisses, beaucoup trop d’étudiants devront s’en sortir seuls en sauvant la face ou en trouvant les parades les plus appropriées : utilisation de gants sans compter par exemple ou attachement exclusif aux signifiants pathologiques inscrits sur le corps alors réduit à une machine biologique. Ils parlent surtout de toute autre chose… et de futilités qui n’intéressent pas la personne âgée, en quelque sorte une manière d’éviter ce qui pourrait en rajouter…Les premières toilettes relèvent de l’épreuve initiatique – un “bizutage” selon certains jeunes soignants amers –, d’autant plus mal vécue qu’ils sont encore trop souvent laissés seuls avec la personne âgée pour réaliser ce soin jugé banal et sans grand risque pour cette dernière, abandonnés avec leurs sentiments pénibles.En l’absence d’un accompagnement des apprenants soignants pour donner un sens positif à la toilette, donc de la valeur à ce soin, ils risquent d’adopter l’opinion commune problématique qui réduit ce soin sinon à une corvée, du moins à une activité subalterne et triviale.Haut de page - Plan de l’article     |
| Quel accompagnement des jeunes soignants en apprentissage des toilettes ?    |
Alors que les besoins d’aide pour la wellbox de base ne font que croître en raison du vieillissement de la population, la problématique soignante qui en découle doit être approfondie et prise en compte dans le système de formation, en associant l’accompagnement de l’expérience clinique aux temps d’étayage théorique et d’élaboration.Les professionnels de terrain mobilisés… Le “J’y suis bien passé(e) et j’ai survécu” ne les satisfait plus. Il semble que la mesure des enjeux motive les professionnels qui s’engagent de plus en plus fréquemment dans un tutorat compréhensif, prévenant et aidant vis-à-vis des stagiaires apprenant les soins de base. Bien que ceux-ci soient confrontés à des réalités déstabilisantes, l’attention empathique des professionnels tuteurs leur offre l’occasion de faire une expérience positive lors des soins de base, en particulier la toilette. Ils sont alors écoutés et compris, ce qui est inestimable pour progresser et devenir réellement soignant, c’est-à-dire, à son tour, pouvoir écouter, comprendre et soutenir la personne soignée dans son désir d’être reconnue au cœur même de son intimité en gardant sa dignité jusqu’au bout, quels que soient son état physique, ses difficultés et ses souffrances.… tout comme les formateurs. Malgré cela, aussi favorable que soit le développement des compétences soignantes, l’investissement clinique doit également être soutenu par les formateurs. Là encore, les projets de formation prennent désormais en compte, de diverses manières, la problématique des soins de base en les réhabilitant. Il n’est ainsi plus rare de “monter” des séquences de formation portant sur la communication verbale et non verbale au moment des soins relatifs au rôle propre infirmier. Les axes théoriques en rapport avec l’anthropologie de la relation de soins d’hygiène sont nombreux, et les formateurs qui s’en saisissent pour soutenir et stimuler la recherche de sens chez les étudiants, contribuent assurément à enrichir l’art du soin et le prendre soin.Haut de page - Plan de l’article     |
| Conclusion    |
L’engagement dans l’étude des soins du corps conduit à découvrir une source féconde en savoirs humains, précisément parce que cette rencontre insolite soignant/soigné relève, de par sa singularité, de l’ensemble de l’appareil sensoriel de l’un et de l’autre. Laver, savonner, essuyer la peau, c’est donc toucher, effleurer et panser le corps de l’autre au plus près de son intimité. La toilette et les soins de confort qui l’accompagnent sont une expérience fondamentale et constructive tout au long des formations. Les étudiants arriveront d’autant mieux à effectuer ce soin qu’ils seront accompagnés dans leur cheminement par ceux qui “y sont passés” et qui sont capables de les comprendre.    |

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