Wc japonais et écologie

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Wc japonais et écologie

Terme d’écologie créé par Haeckel en 1866. Glacken (1967) explicite les questions essentielles et de nature relationnelle qui ont fondé les disciplines de la géo et de l’écologie humaine :

- La terre, environnement à l’évidence bien adapté à l’homme et à la vie organique, est-elle une création intentionnelle ? Question s’enracinant chez Homère avec Gaïa « demeure toujours sûre de tous les êtres », et se prolongeant avec la cosmologie de Ptolémée

- Ses climats, ses reliefs, la configuration de ses continents ont-ils influencé la nature morale et sociale de ses habitants, et ont-ils déterminé le caractère et la nature humaine ? Question abordée notamment par Hippocrate, Bodin, Montesquieu…

- Dans sa longue occupation de la terre, l’homme l’a-t-il modifiée par rapport à ses hypothétiques conditions originelles ? Question formulée par Platon, puis récurrente à partir XVIII°, et encore abordée par le club de Rome dans 70’s.

B. Des évolutions confondues

Période axiale fondatrice de la géo et de l’écologie humaine, qui correspond à 1760-1860, est précédée par la théologie naturelle de Linné, inaugurée par le Tableau économique de Quesnay (1758), et bornée par L’Origine des espèces de Darwin (1859). Rôle essentiel des philosophes allemands, Kant puis Hegel, dans la classification des sciences et le diffusion d’une géo et écologie humaine comprise comme synthèse et harmonisation de la nature et de l’histoire.

Conception moderne véritable de la géographie et écologie humaine remonte à von Humboldt et la méthode comparative de description du monde à l’œuvre dans ses Tableaux de la nature. Il s’est dégagé de la tendance idiographique[2] pour s’élever à une conception nomothétique. Et von Humboldt et Candolle créent la géographie des plantes qui aboutit à l’écologie végétale, et plus récemment à la géographie et l’écologie du paysage. Ritter met l’accent sur les relations diachroniques de l’homme à l’espace. Enfin, l’évolutionnisme darwinien influence fortement la pensée géographique, notamment Ratzel avec son Anthropogéographie.

Alors qu’au début du XX° les écoles géographiques nationales sont en place (par dérivation ou opposition à la géo allemande), des courants de pensée de nature sociologique se développent donnant naissance à l’écologie urbaine. La plus connue : l’Ecole de Chicago avec E. Park.

C. Des conceptualisations différenciées

Question est alors : pourquoi géo et écologie humaine se sont peu à peu différenciées ? En réalité, s’agit surtout de 2 manières d’éclairer le même objet = la connaissance et la pratique qu’ont les hommes de la réalité matérielle. Les géographes ont d’abord mis l’accent sur les morphologies et fonctions caractéristiques des paysages humanisés jusqu’à la nouvelle géographie des années 50 qui s’est à nouveau intéressées aux structures, aux systèmes, et enfin à la culture. L’écologie humaine a été, elle, obsédée par les relations entretenues par les hommes avec leur environnement physique d’une part, social d’autre part. Les processus et les flux ont longtemps été privilégiés. Différence entre géo et écologie humaine est équivalente à celle entre le signifiant et le signifié. Or cela aboutit à un éclatement de l’objet (surtout entre 1920-1940) qui a été préjudiciable aux disciplines au point que la vague écologiste des 60-70’s montre qu’une véritable protection de l’environnement passe par la réconciliation du « signifiant » et du « signifié » de l’environnement. Réconciliation mais non fusion. En effet la géo s’intéresse aux flux de matière, d’énergie et d’information mais dans la perspective de la dérivation par l’homme, alors que l’écologie prend en compte les effets de la dérivation des mêmes flux sur l’ensemble du système. D’où, même objet mais problématiques différentes et donc conceptualisation complémentaire.

Le concept d’écosystème, introduit par Tansley en 1935, permet de comprendre la circularité des flux et des processus dans un système fermé. Les géographes ont raisonné le + souvent depuis le début du XX° siècle en terme linéaire. H. Odum (1983) met en perspective le concept d’écosystème procurant un cadre d’analyse pour appréhender les flux et les processus des écosystèmes naturels et des écosystèmes humains à grande et petite échelle. Ainsi s’est élaboré le déploiement des interactions qui s’expriment dans des interfaces combinant 3 grandes logiques : l’éco-, la bio- et la socio- logiques. En France faut attendre les travaux de G. Bertrand (1970) pour que soient pris en compte dans le concept de paysage les éléments physiques, biologiques et anthropiques. Cela a permis d’évoluer vers une notion d’aménagement renouvelée. Ainsi, même si les analyses systémiques rejoignent celles des écologues humains, les angles d’attaque restent sensiblement différents.

D. Convergences et divergences

Schéma (figure 5 : Géographie et écologie, p.32) résumant par superposition les « positions » et les problématiques de la géo et de l’écologie humaine.

La géo est sous-tendue par le mythe de « l’homme constructeur » : la terre est donnée à l’homme pour être transformée, humanisée, dominée. L’écologie humaine est, elle, sous-tendue par le mythe de « l’homme destructeur » : vivre c’est détruire (Marsh XIX°). Ainsi si la géo et l’écologie humaine procèdent toutes 2 d’un anthropocentrisme inévitable, la 1° y adhère très étroitement alors que la 2° en est beaucoup plus éloignée pour tenir compte de la biosphère non humaine. Les 2 disciplines n’ont donc pas la même conception du temps : la géo est plongée dans une quotidienneté qui lui voile l’évolution des choses tandis que l’écologie humaine est obsédée par une critique de la quotidienneté qui lui dévoile un futur chargé de crise et de catastrophes.

E. Plaidoyer pour un anthropocentrisme revisité

Sans en arriver à la fusion, la géo et l’écologie humaine peuvent contribuer à l’élaboration d’une éco-géographie (terme de J.Tricart & J. Killian, 1979) consistant à étudier comment l’homme s’intègre aux écosystèmes, et comment cette intégration est diversifiée en fonction de l’espace terrestre. Mais cette perspective débouche sur une science utile à l’aménagement, mais laissant de nb. problèmes des écosystèmes humains depuis les analyse éco-énergétiques agricoles et industrielles jusqu’aux pathologies sociales, en passant par les problèmes des nuisances, des pollutions et des déchets.

Une véritable écogéographie est en train de s’élaborer sur la base de la pensée de G. Bateson (le « double-bind »[3]) et N. Georgescu-Roegen (la loi de l’entropie[4]), mais qui ne prétend en rien se substituer à la géo ni à l’écologie humaine.

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